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Kyle Pietari : Plus Qu’Un Athlète
Kyle Pietari, athlète de haut niveau d’Altra, excelle dans l’art d’équilibrer sa vie de père de famille, d’avocat et d’ultracoureur de haut niveau. Nous l’avons rencontré après sa récente victoire au Run Rabbit Run 100 pour en savoir un peu plus sur sa vie, son entraînement et ses antécédents dans le sport.
Quand avez-vous commencé à courir? Et pourquoi?
J’ai pris conscience que la course était importante pour moi lorsque je courais à l’école secondaire. Je la considère comme un passe-temps idéal, car elle maintient mon esprit et
mon corps en bonne santé, me procure un objectif compétitif, constitue un excellent mode de transport et peut s’intégrer dans un emploi du temps chargé.
Tout au long de l’université, je voulais pratiquer une course constante, de façon récréative, mais j’ai toujours eu du mal à me motiver pour sortir et courir. C’est finalement après mes études que j’ai fait un saut radical. J’ai commencé à distribuer des journaux en hiver à Duluth, dans le Minnesota, en espérant que cela me donnerait la motivation dont j’avais besoin pour commencer à courir régulièrement. Pendant plus de quatre mois, j’ai dû courir des kilomètres dans la neige tous les soirs en livrant des journaux. L’obligation d’être dehors tous les jours, même quand il faisait -20 degrés Fahrenheit, était exactement ce dont j’avais besoin pour établir un cadre de ma vie qui me permettrait de devenir un coureur régulier. Je n’ai jamais cessé de courir depuis. Ma stratégie de distribution des journaux a fonctionné!
Depuis combien de temps courrez-vous des ultramarathons?
J’ai couru mon premier ultramarathon en 2011, à Moab, dans l’Utah, qui est mon endroit préféré au monde pour courir.
Comment réussissez-vous à trouver un équilibre entre votre vie de famille, d’avocat et de coureur de haut niveau?
Tout d’abord, cela nécessite que presque tous les aspects de ma vie soient bien structurés. Pour ce faire, j’adopte une perspective qui les englobe tous. Plus important encore : mes réseaux de soutien et mes relations, qui doivent être solides et fondés sur une entraide réciproque, en particulier ma relation avec ma femme. À tire d’exemple, je compte énormément sur ma femme, Stacy, pour réussir à concilier le travail, la course et le temps avec mes enfants. Pour obtenir autant de soutien de sa part, je dois m’assurer de lui rendre la pareille en étant un mari présent et engagé.
Je dois également m’assurer d’éviter les activités chronophages qui ne m’aident pas à atteindre mes objectifs. J’évite de conduire chaque fois que je peux courir pour me rendre
quelque part, alors je cours tous les jours depuis huit ans. Je ne possède pas de télévision et j’ai abandonné la plupart des passe-temps en dehors de la course à pied. Mon objectif est de consacrer le plus de temps possible à la parentalité, au travail et à la course à pied.
Je n’ai pas toujours l’impression d’atteindre un équilibre, même lorsque je m’épanouis vraiment. Souvent, la seule façon de tout intégrer est de déséquilibrer la vie pendant une courte période en dormant très peu. Ensuite, d’autres sacrifices doivent être consentis pour rattraper le tout. Pour moi, ces sacrifices valent la peine s’ils me permettent d’être un coureur sérieux.
Plus important encore, je vois de grandes récompenses dans la vie en m’engageant dans les choses qui m’intéressent le plus et en évitant celles pour lesquelles j’ai le moins d’intérêt. C’est une grande leçon que la course m’a apprise.
Quel conseil offririez-vous à une personne qui souhaite se lancer dans l’ultramarathon mais qui n’a pas l’impression d’avoir le temps nécessaire pour y arriver?
Trois conseils :
Tout d’abord, structurez votre vie de façon à avoir le temps de sortir pour courir ou marcher chaque jour. Il est crucial de modifier votre horaire en conséquence. Je cours beaucoup parce que j’ai fait en sorte que la course est nécessaire pour le transport. Je structure également ma vie sociale autour des rencontres liées à la course, ce qui aide vraiment à la motivation. Si je n’ai pas à courir un jour donné, je le saute souvent. Comme la plupart des gens, j’ai de la difficulté avec la planification et la motivation.
Deuxièmement, essayez d’utiliser la course comme moyen de transport. Cela permet d’économiser du temps et de l’argent. Je cours tous les jours depuis plus de huit ans et j’ai intégré la course dans une variété d’emplois, de milieux de travail, d’horaires et de climats. J’aime aussi simplement faire des courses.
Troisièmement, faites du jogging à un rythme lent et confortable pour la majorité de vos parcours. Un rythme n’est jamais trop lent. Permettez-moi de le répéter : ce n’est jamais trop lent, particulièrement pour l’entraînement d’ultramarathons.
Qu’est-ce que la victoire du Run Rabbit Run 100-miler signifie pour vous?
C’était satisfaisant d’obtenir ma première victoire dans une course majeure et très compétitive. Mais en réalité, ce n’était pas très différent de mes autres courses de 161 kilomètres. Terminer n’importe quelle ultradistance procure un sentiment suprême de satisfaction, peu importe la position. La réalisation d’un objectif compétitif ne peut qu’ajouter beaucoup à un sport conçu pour maximiser les émotions, peu importe ce qui se passe. Si la victoire comptait beaucoup, ce sport ne pourrait pas être ce qu’il est.
Nous savons que vous avez réalisé cette course l’année dernière. Cette expérience vous a-t-elle aidé cette année? Qu’avez-vous fait différemment qui a pu mener à votre victoire?
J’ai beaucoup appris de ma première année à Run Rabbit Run et cette expérience a fait une énorme différence cette année. Run Rabbit Run est une course vraiment difficile. La course présente d’énormes variations de température entre le jour et la nuit et des changements entre la basse altitude et la haute altitude. De plus, la moitié de la course se déroule la nuit, dans l’obscurité. Les deux années, j’ai eu une vision floue toute la nuit en raison d’un œdème cornéen. La logistique de l’équipement est donc cruciale. Cette année, j’étais accompagné d’une équipe formidable : Joshua Stevens et Aaron Smith, qui m’ont aidé dans les postes de secours. Ils m’ont fait gagner beaucoup de temps. L’année dernière, j’ai commis des erreurs de débutant en ce qui concerne la logistique de l’équipement et des postes de secours.
Quelles chaussures avez-vous chaussées pour cette course et pour quelle raison?
Le modèle Superior 4, car c’est ma chaussure préférée. Run Rabbit Run est composée d’un mélange de sections rapides et faciles à courir et de sentiers complexes. La légèreté du modèle Superior en fait la chaussure parfaite pour les diverses sections.
Quel est votre plan de ravitaillement pour une course de 161 km?
Je commence par essayer de prendre environ 300 calories par heure de boisson pour sportifs et je tente de maintenir ce rythme jusqu’à ce que la nausée s’installe. Après avoir commencé à vomir (ce qui s’est produit très tôt, au kilomètre 58 lors de cette course), mon plan consiste alors à siroter autant de boissons pour sportifs que possible sans vomir davantage, et ce, jusqu’à la ligne d’arrivée. Je bois également de l’eau, car je suis généralement très déshydraté à la fin d’une course. En dehors de cela, j’ai uniquement mangé deux gels énergétiques pendant la course et j’ai bu une gorgée de boisson gazeuse au dernier poste de secours, en guise de célébration à l’aventure épique que j’étais sur le point de terminer.
Pendant quatre années consécutives, vous avez terminé dans les dix premières positions du prestigieux « Super bowl » de l’ultramarathon, le Western States 100. Qu’est-ce qui vous motive à revenir pour cette course?
Western States est l’endroit où je peux vivre le plus haut niveau de compétition, le plus d’enthousiasme et la dynamique la plus enivrante dans l’univers de l’ultramarathon. Pendant quatre ans, j’ai couru à fond contre des gens jusqu’à la ligne d’arrivée. Cette situation arrive rarement dans les autres courses de 161 km. Chaque personne se présente au Western States en donnant tout ce qu’elle peut et en se concentrant entièrement sur la course. Le résultat est spectaculaire.
Quel conseil donneriez-vous à une personne qui envisage de courir une distance de 161 km?
Si vous pouvez courir un marathon lentement sans vous blesser, vous pouvez vous inscrire à une course de 161 km. Acceptez l’idée que l’échec est fréquent, et qu’il s’agit de l’un des aspects les plus précieux de ce sport. Puis lancez-vous!
Regardez le documentaire « Balance » ci-dessous pour en savoir plus sur Kyle

