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The Speed Project : De Los Angeles À Las Vegas À Pied
Cette distance représente trois fois rien en avion, mais pour certains coureurs passionnés d’aventure, le meilleur moyen de transport est leurs propres pieds. Ici, nous écoutons Brianna Sacks, membre de l’équipe commanditée par Altra ayant participé à The Speed Project, une course à pied non officielle de 547 km sur certains des terrains les plus chauds et les plus difficiles des États-Unis.
Alors que je sautais par-dessus un autre morceau de pneu le long d’une autoroute au milieu du désert de Californie à 2 h 30 du matin et que je courrais avec le bruit des camions : je ne pouvais pas m’empêcher de sourire et de me demander si je pouvais mourir en même temps, ce qui résume essentiellement The Speed Project.
The Speed Project est une course à relais épuisante sur 547 km : elle commence sur les quais de Santa Monica et se termine au panneau de Las Vegas. C’est un événement d’endurance non officiel qui attire des coureurs du monde entier. Il est possible de faire toute la randonnée en solo, avec une équipe originale de six membres ou autant de personnes malodorantes qui peuvent se glisser dans un VR. La seule règle dans cette course absurde et « sans règles » est de se rendre à Las Vegas à pied, aussi vite que possible. Cela signifie courir dans des tunnels étroits alors que les voitures passent rapidement à côté de nous, sur des viaducs, le long de routes sinueuses près de canyons, près de voies ferrées en service et de cimetières d’avions, sur des sentiers escarpés ou sablonneux, et finalement à travers la vallée de la Mort, et ce, à toute heure du jour. Tout peut arriver et beaucoup de choses peuvent mal tourner : votre VR peut tomber en panne, vous pouvez vous faire poursuivre par des chiens ou vous pouvez effectuer un mauvais virage et ne vous en rendre compte que des heures plus tard (toutes des choses qui se sont passées). Les équipes peuvent également prendre des raccourcis, en installant des coureurs à l’arrière de VTT ou de Jeeps, en roulant sur 64 km de chemin de terre et en priant pour ne pas rester coincées et devoir être remorquées (ce qui s’est également produit). Parfois, vous perdez votre chemin. C’est comme ça que j’ai fini par courir le long de l’autoroute 15, complètement seule, après que mon coéquipier ait dû passer sous une clôture en fil barbelé, parce qu’il n’arrivait pas à trouver la route de terre sur laquelle nous étions censés courir. Alors, nous nous sommes dit « Tant pis », et nous avons rapidement improvisé.
LA SEULE RÈGLE DANS CETTE COURSE ABSURDE SANS RÈGLES EST DE SE RENDRE À LAS VEGAS, À PIED, AUSSI VITE QUE POSSIBLE.
À ce moment-là, nous avions parcouru environ 322 km pendant près de 24 heures, la plupart du temps dans une chaleur étouffante. Et nous étions encore loin de la partie la plus brutale du voyage. Malgré tout, mes jambes ne cessaient de remuer dans mes chaussures Torin d’Altra. C’était une sensation électrisante : je me sentais tellement vivante, ce sentiment que nous, les coureurs, poursuivons continuellement. Le fait que j’ai dû courir le long d’une bretelle de sortie d’autoroute pour retourner au VR a peut-être aussi quelque chose à voir avec ça.
Il est difficile de décrire ces heures sombres et calmes, alors que les coureurs encore endormis sortent des VR, maintenant très sales, pour entrer dans cet abîme d’encre qui existe entre minuit et le lever du soleil, se précipitant, sans savoir dans quelle direction ils vont. Ces moments sont étranges et magiques. Ils incarnent pourquoi j’aime ces types d’aventures de course, ces « runventures » comme je les appelle. J’ai couru des courses de 161 km et de 100 km, et un grand nombre de courses de 80,5 km, et j’ai récemment établi le record de vitesse connu pour une femme lors d’une traversée de 109 km à travers les montagnes de Santa Monica, sur le sentier Backbone Trail. J’ai également suivi le rythme de mes amis pendant la dernière partie de leur 161 km (environ 13 heures à la fois) et j’ai couru pendant six jours à travers les montagnes Rocheuses du Colorado. Au cours de ces ultra-défis, les choses peuvent être difficiles. Vous luttez contre le manque de sommeil, la déshydratation, les problèmes de digestion, la douleur physique et, souvent, le plus difficile : votre propre esprit, qui vous crie toutes les raisons de vous retirer ou d’abandonner. L’aspect magnifique et unique de The Speed Project est que vous n’êtes pas seul : vous faites partie d’une équipe avec un objectif commun, mais chacun traverse ses propres batailles et repousse les limites de son corps en même temps. Et pour notre équipe, la plupart d’entre nous étaient des étrangers jusqu’à ce que nous nous rencontrions pour la course. Dans ces circonstances (se précipiter dans la chaleur ensemble et courir jusqu’au délire), vous vous rapprochez vraiment, très rapidement, pour le meilleur ou pour le pire (ce qui comprenait plusieurs personnes en sueur dormant dans un lit, des danses, de nombreux arrêts aux salles de bains et regarder Eric dévorer une conserve de saucisses viennoises du Costco à 7 h, entre autres).
"…MES JAMBES NE CESSAIENT DE REMUER DANS MES CHAUSSURES TORIN D’ALTRA. C’ÉTAIT UNE SENSATION ÉLECTRISANTE : JE ME SENTAIS TELLEMENT VIVANTE, CE SENTIMENT QUE NOUS, LES COUREURS, POURSUIVONS CONTINUELLEMENT."
Le lever du soleil du deuxième jour est un étrange mélange, à la fois vivifiant et intimidant. Vous avez traversé une nuit surréaliste, mais vous êtes sur le point d’entrer dans le « point zéro » de la course : la vallée de la Mort. C’est environ 113 km de néant brûlant, avec de longues montées implacables. C’est un moment pénible, c’est le moins qu’on puisse dire, mais les nouvelles chaussures Torin étaient parfaites pour ce moment. The Speed Project était en fait ma première participation avec l’équipe d’Altra et je suis maintenant accro. Les chaussures Torin sont légères, avec le bon coussinage. Elles sont de véritables bêtes de somme pour des chaussures. Elles m’ont permis de passer en douceur de ma dernière longue étape (un tronçon de 11 km de chemin de terre ondulante et rocheuse) aux nombreux kilomètres le long des trottoirs brûlants de la vallée de la Mort. En fait, je les ai gardés pendant environ 14 heures d’affilée parce qu’ils étaient encore très confortables après la course.
Après un autre coucher de soleil vers 20 h le deuxième jour, nous avons finalement atteint la fin de cette dernière montée interminable. Il ne nous restait plus que 42 km de descente glorieuse vers le scintillement de Vegas au loin. Le mantra de nos jambes? « Courir comme s’il n’y avait pas de lendemain. » Comme pour la plupart des ultramarathons, The Speed Project est vraiment spécial et addictif, car il vous montre ce que votre corps peut faire, malgré toute logique. Vous plongez en vous-même et voyez mieux de quoi vous êtes fait, ainsi que ceux qui vous entourent. Même si nous pensions que nous étions à vide pour ce dernier tronçon, nous avons réalisé certains de nos temps les plus rapides et laissé toute l’énergie qui nous restait dans la poussière sombre du Nevada. À 23 h 39, nous avons frappé le panneau Las Vegas, 42 heures et 39 minutes après avoir quitté Los Angeles. Ensuite, nous avons eu ce dont nous avions tous vraiment, vraiment besoin : une douche (au champagne).
À propos de l’auteure :
Brianna Sacks est une journaliste, une ultra-coureuse et une amatrice de biscuits de Los Angeles, qui habite actuellement près de Denver.

